Patrimoine

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Définitions

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Encyclopédie Universalis

Dans son introduction à l’article de l’Enyclopédie Universalis sur le patrimoine, Jean-Michel LENIAUD , directeur d’études à l’École pratique des hautes études, insiste sur le caractère évolutif (et donc provisoire) du concept de patrimoine. Extraits.

Source: Encyclopédie Universalis, Paris. © 2010, Encyclopædia Universalis France S.A.

Issu du vocabulaire juridique, le mot « patrimoine » a été utilisé au début des années 1970 pour désigner les productions humaines à caractère artistique que le passé a laissées en héritage et on n’a pas fini d’explorer le contenu du terme dans son acception récente. (…)

À la fin des années 1970, il était entendu qu’en adoptant le mot « patrimoine », on insistait sur la dimension collective de l’héritage : on parla progressivement de « patrimoine européen », puis de « patrimoine mondial » pour désigner des monuments, des objets et des lieux.

Introduit dans le discours quotidien français en 1980 à l’occasion de l’Année du patrimoine, le concept n’a cessé d’évoluer ; on peut même dire qu’il est encore en voie de formation. (…)

Le mot « patrimoine » s’est alors vite avéré d’un usage commode : désignant les productions humaines les plus variées, il possède un caractère englobant qui permet une compréhension pluridisciplinaire ; plaçant sous un même regard les beaux-arts et toutes sortes d’artefacts, il a permis d’éviter l’écueil d’une vision hiérarchisante qui se limiterait aux seuls chefs-d’œuvre de l’art. (…)

Il devint, cependant, progressivement clair que le patrimoine ne pouvait être limité aux sciences humaines. La réflexion écologiste a poussé à considérer la question du point de vue des sciences de la terre comme de la biologie végétale. Ainsi a été formulée la proposition que l’environnement, considéré sous l’angle de la géographie physique, de la flore et de la faune, constitue un patrimoine, passible d’évolutions, de modifications, voire de destruction, et qui influe sur les structures des sociétés et sur les comportements collectifs. Quant à la biologie animale et humaine, elle a insisté sur le caractère spécifique de chaque être vivant, souligné ses évolutions, et formulé l’hypothèse de nouvelles transformations. (…)

On admettra par hypothèse que le concept de patrimoine peut s’articuler sous trois rubriques. La première constate ce qui du passé mérite d’être conservé ; la seconde touche aux motivations qui conduisent à accepter le passé ou à le rejeter ; la troisième, d’ordre pratique, concerne les modalités par lesquelles le patrimoine a été progressivement apprécié, conservé et transmis. La méthode est éclairante. Elle permet ainsi d’attirer l’attention sur le fait qu’une telle méthode écarte a priori une thèse habituellement avancée, selon laquelle la conscience du patrimoine relèverait de l’histoire courte ; qu’elle serait née, en France, pendant la Révolution, de la volonté de sauvegarder les vestiges de l’Ancien Régime. En réalité, cette thèse n’a d’autre mérite que de mettre l’accent sur le rôle de l’État dans la fabrication du patrimoine, permettant ainsi de fournir une explication à un phénomène qui continue aujourd’hui de faire de la France une exception dans le monde grâce à la place prédominante de ses institutions centralisées dans les actions d’inventaire, de protection et de mise en valeur du patrimoine. Si l’on accepte, au contraire, de poser au passé les trois questions que l’on a définies plus haut, on reconnaîtra la présence de fragments de conscience patrimoniale dans des sociétés largement antérieures à la nôtre.

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Dictionnaire de la géographie et de l’espace des sociétés

L’intérêt de l’approche des auteurs de ce dictionnaire est d’insister sur le caractère « construit » du patrimoine et donc sur ses dimensions historique, géographique et idéologique. Ainsi, soulignent-ils, ce qui peut sembler « donné » est-il le fruit d’une construction.

Source: Dictionnaire de la géographie et de l’espace des sociétés, (sous la direction de) Jacques Lévy et Michel Lussault, Editons Belin, 2003.

« L’identification d’un lieu comme patrimonial et sa mise en patrimoine (la patrimonialisation) procèdent bien d’une opération intellectuelle, mentale et sociale qui implique des tris, des choix, donc des oublis : que conserver ? Selon quels critères ? (…) ».

Ceci conduit notamment les auteurs, et en particulier l’auteur de l’article, le géographe Olivier Lazzarotti, à souligner la dimension occidentale de la notion même de patrimoine, fondée en particulier sur une conception linéaire du temps, qui ne peut s’appliquer sans autres à des cultures non-occidentales. Ceci ne remet pas en cause la validité de cette notion, mais la relativise: il suffit d’en être conscient !

Pour l’intégralité de l’article, ouvrir les documents ci-dessous.

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Réflexions

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Pierre Nora et la société dite de « conservation »

(jfb) Pierre Nora est un historien français mondialement connu, entre autres, pour ses travaux sur les lieux de mémoire et les questions patrimoniales. Dans le texte ci-joint, qui est la retranscription de son introduction à une table ronde organisée par l’Ecole nationale française du patrimoine, à Paris en juin 1999, Pierre Nora cherche à expliquer [...]

(jfb) Pierre Nora est un historien français mondialement connu, entre autres, pour ses travaux sur les lieux de mémoire et les questions patrimoniales. Dans le texte ci-joint, qui est la retranscription de son introduction à une table ronde organisée par l’Ecole nationale française du patrimoine, à Paris en juin 1999, Pierre Nora cherche à expliquer le fait que notre société (occidentale, préciseraient les géographes du Dictionnaire de la géographie et de l’espace des sociétés) secrète de plus en plus de traces mémorielles et expressions d’elle-même. Trois grands faits de civilisation permettent, selon lui, d’aller vers une explication du phénomène:

  • un fait idéologique: l’effacement de toute forme de « sens de l’histoire », qui représente une profonde cassure dans la continuité historique de notre société. « Nous ne savons pas, nous ne savons plus ce que nos descendants auront besoin de connaître du passé pour leur propre avenir. Et du même coup apparaît la tentation, illusoire, d’une conservation intégrale. »
  • un fait social: notre société est marquée depuis quelques décennies par un vaste mouvement d’affranchissement de groupes sociaux et d’émancipation de minorités de tous ordres (sociales, provinciales, ethniques, religieuses, sexuelles, etc.). D’où l’explosion de ces mémoires minoritaires. D’où également, pouvons-nous ajouter, la très forte multiplication des musées, locaux et régionaux en particulier.
  • un fait historique: l’accélération de l’histoire, c’est-à-dire la transformation de plus en plus rapide de toutes choses qui fait du changement la seule permanence. D’où, note Pierre Nora, la multiplication exponentielle du mémorable, la généralisation du souci conservateur, archivistique et muséographique.

D’une société dite de consommation, on entre de plus en plus, depuis la fin des années 1970, dans une société de « conservation ». Les conservateurs du patrimoine, qu’ils soient amateurs ou professionnels, occupent dans cette transformation une position centrale (c’est pour leur immense majorité à des conservateurs de musée que Pierre Nora s’adressait ce jour-là !): « Le (conservateur) voilà investi , en tant qu’acteur social majeur, d’une nouvelle responsabilité puisque devant la postérité, devant le fameux tribunal de l’Histoire, il est le détenteur des clés de l’avenir du passé. »

Un texte à découvrir – ci-dessous – qui n’est pas sans lien avec l’évolution de l’art contemporain, notamment dans ses rapports avec le patrimoine. Source: Tri, sélection, conservation. Quel patrimoine pour l’avenir ?, Editions du Patrimoine, Pais, 2001, pp. 15-17.

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Le patrimoine culturel immatériel: une nouvelle perception du patrimoine

(jfb) Depuis quelques années, la notion de patrimoine culturel immatériel prend une importance croissante. A ce sujet, le Ministère français de la Culture et de la Communication publiait en 2008, un dossier très complet dont nous extrayons le texte suivant, dû à Christian Hottin, chef de la Mission ethnologie à la Direction de l’architecture et [...]

(jfb) Depuis quelques années, la notion de patrimoine culturel immatériel prend une importance croissante. A ce sujet, le Ministère français de la Culture et de la Communication publiait en 2008, un dossier très complet dont nous extrayons le texte suivant, dû à Christian Hottin, chef de la Mission ethnologie à la Direction de l’architecture et du patrimoine, qui fait le point sur la convention de l’Unesco entrée en vigueur en 2006.

Quelle est donc cette convention, née en 2003 à l’Unesco et entrée en vigueur en 2006, qui est au coeur du dispositif de protection de ce patrimoine millénaire qui n’a pourtant trouvé son nom que tout dernièrement ? Quelles ont été les raisons de sa création et le contexte de son élaboration ? Quels en sont les points essentiels ? Enfin, quelles transformations induit elle dans les pratiques et les représentations du patrimoine ?
Ces deux mots accolés, « patrimoine immatériel », de plus en plus souvent employés, produisent une impression de nouveauté, d’inédit, mais aussi frappent les esprits par l’étrangeté, voire l’invraisemblance de leur rapprochement, tant il est vrai qu’au pays
de Mérimée ou de Viollet-le-Duc, le patrimoine semblerait ne devoir s’incarner que dans la pierre et être indissociable de la matière. Il n’y a là rien d’anecdotique car, au-delà du rapprochement des mots, parler de patrimoine immatériel invite en fait à repenser l’ensemble du concept de patrimoine et à modifier les représentations que les pays de tradition culturelle occidentale entretiennent avec cette notion. (On s’attachera ici à l’analyse de la notion de « patrimoine culturel immatériel », au sens que lui donne la convention de l’Unesco.)

Genèse d’une convention
Il est presque impossible d’évoquer la convention de l’Unesco surle patrimoine culturel immatériel (PCI) sans faire référence à celle de 1972 sur le patrimoine mondial. Indiscutablement, la convention sur le PCI prolonge la dynamique de mondialisation et
d’expansion du concept de patrimoine initiée par la convention de 1972. Toutefois, la nouvelle convention s’inspirerait de l’ancienne en cherchant à s’en démarquer (tant dans les objets que dans l’esprit), en corrigerait les fautes et les errements. Qu’en est-il au juste ?
Dès ses origines, la convention de 1972 est marquée par une conception du patrimoine héritée des civilisations européennes. Si est bel et bien recherchée une diffusion mondiale du concept de patrimoine, la convention n’en demeure pas moins ethnocentrée, sensible au départ aux aspects matériels du patrimoine et soucieuse de distinguer des oeuvres « exceptionnelles » par leur qualité intrinsèque et leur rayonnement. Sans doute, les évolutions ultérieures, tels l’intérêt grandissant porté aux sites naturels ou l’intégration des paysages culturels, ont permis une prise en compte de formes patrimoniales différentes, mais la répartition des biens inscrits sur la liste du patrimoine mondial témoigne encore aujourd’hui de ces déséquilibres natifs : cinq pays d’Europe occidentale (l’Allemagne, l’Espagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni) se partagent la majorité relative des biens inscrits sur les listes du patrimoine mondial, et les villes européennes comptent pour plus de la moitié des sites urbains présents sur cette liste. Logiquement, la surreprésentation des pays européens va de pair avec une sous-représentation des autres continents, et tout particulièrement des pays du Sud.
Il semblerait même que, décennie après décennie, la part relative de ces pays (notamment ceux du continent africain) tende à diminuer. La définition du patrimoine retenue dans la convention de 1972 exclut de facto nombre de pays qui ne possèdent pas de patrimoine bâti doté d’une valeur exceptionnelle, alors même qu’ils détiennent souvent des savoir-faire anciens ou sont le lieu de pratique d’expressions orales, de chants, de danses remarquables.
Pour autant, ce déséquilibre ne se résume pas à une opposition entre pays riches et pauvres, entre pays du Nord et du Sud. Le Japon s’est également trouvé aux prises avec de réelles difficultés pour défendre l’inscription de certains de ses temples : ces derniers avaient pu être plusieurs fois reconstruits, sans toutefois que cela porte atteinte, pour les Japonais, à leur valeur patrimoniale, puisque l’essentiel réside non dans l’authenticité formelle de l’édifice, mais dans la continuité et l’ancienneté du rite qui s’y pratique. Reste que cette conception du patrimoine ne s’accordait pas aisément avec les règles d’appréciation en vigueur à l’Unesco pour obtenir la distinction de chef-d’oeuvre du patrimoine mondial.
Cette inadéquation entre la convention de 1972 et la variété des appréhensions du fait patrimonial au plan mondial a ouvert la voie à une série de réflexions et de programmes destinés à assurerune meilleure prise en compte des aspects immatériels. Dès 1982,
on parle de non material heritage. En 1989, l’Unesco rend publique une recommandation pour la sauvegarde du folklore, mais il ne s’agit que d’un dispositif juridique non contraignant. Tout au long de la décennie suivante, des pays tels que le Japon, ou des institutions, en particulier le Smithsonian Center for Folklife and Cultural Heritage, oeuvrent pour la reconnaissance du patrimoine culturel immatériel. Une étape décisive est franchie en 1997 avec le lancement du programme de proclamations des chefs-d’oeuvre du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Ce programme aboutit à trois séries de proclamations, en 2001, 2003 et 2005. Entre-temps, le texte de la convention a été élaboré et définitivement mis au point en 2003. Trente États la ratifient, et elle entre officiellement en vigueur en 2006.
Il convient, par ailleurs, de signaler les liens qui unissent l’esprit de cette convention et celui de la convention de 2005 consacrée à la diversité culturelle : la première est le versant patrimonial de la seconde, plus tournée vers les implications économiques.

Définitions
La convention de 2003 débute par une définition : « On entend par “patrimoine culturel immatériel” les pratiques représentations, expressions, connaissances et savoir-faire – ainsi que les instruments, objets, artefacts et espaces culturels qui leur sont associés – que les communautés, les groupes, et le cas échéant, les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel. » (art. 2)
Un renversement est ainsi opéré par rapport à la notion d’objet. Jusqu’à présent, dans la tradition patrimoniale occidentale, l’objet, l’instrument, l’artefact était premier, et pouvait renvoyer, dans le discours, à des pratiques liées à son existence. Avec cette définition, la pratique vient en premier, elle est effectivement l’objet patrimonial par excellence. Les objets ne sont pas pour autant relégués au second plan : ils sont « associés » aux pratiques, et sont donc les supports indispensables à l’expression de ces dernières. (souligné par nous)
« Ce patrimoine culturel immatériel, transmis de génération en génération, est recréé en permanence par les communautés et groupes en fonction de leur milieu, de leur interaction avec la nature et de leur histoire, et leur procure un sentiment d’identité et de continuité, contribuant ainsi à promouvoir le respect de la diversité culturelle et la créativité humaine. » (art. 2)
Sont ici mises en avant les notions de transmission entre les générations et de recréation continue : la première permet de définir la valeur patrimoniale immatérielle d’un bien culturel qui doit s’inscrire dans le temps, la seconde attire l’attention sur le fait qu’il ne saurait être question de formes figées, appréciées en référence à une période ou un style jugés canoniques, mais que, bien au contraire, ce patrimoine est par définition évolutif. Enfin, la notion d’interaction avec le milieu met en évidence qu’il n’y a pas de lien fixe et définitif entre une pratique et un espace particulier : elle suppose l’adaptabilité du phénomène patrimonial immatériel à d’autres contextes que ceux d’origine. Ainsi, les « objets immatériels » et leur inscription dans le temps et l’espace sont mis en relation avec la place qu’ils occupent dans les sociétés humaines : ils sont porteurs d’identité.
La convention détaille, de manière non exhaustive, les domaines concernés : « les traditions et expressions orales » (mais les langues n’y figurent qu’en tant que vecteurs de ces pratiques), « les arts du spectacle », « les pratiques sociales, rituels et événements festifs » (ces expressions permettent de désigner un ensemble de manifestations complexes qui associent plusieurs types de pratiques), « les connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers » (telles que, par exemple, les médecines traditionnelles), « les savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel ».
Enfin, est explicitée la notion de « sauvegarde », au coeur des objectifs de la convention. Elle est entendue dans un sens très large, depuis « l’identification » jusqu’aux actions de « revitalisation », en passant par « la documentation, la recherche, la préservation, la protection, la promotion, la mise en valeur, la transmission ». Et la sauvegarde tend à devenir, à mesure que se précisent les politiques découlant du texte, la pierre angulaire du dispositif : beaucoup plus qu’une liste officielle des pratiques culturelles immatérielles les plus remarquables ou les plus représentatives, la convention doit être un outil pour sauver de la disparition des biens du patrimoine de l’humanité aujourd’hui menacés.

Mise en pratique
Pour fonctionner, la convention s’appuie principalement sur un comité intergouvernemental de 24 membres qui est une émanation de l’assemblée générale des États parties. Le comité est chargé de la mise en oeuvre de la convention pour l’Unesco et tout particulièrement de l’examen des demandes présentées par les États parties en vue de l’inscription sur les deux listes, représentative ou de sauvegarde. C’est également le comité qui propose à l’assemblée générale l’accréditation d’organisations non gouvernementales qui auront une fonction consultative auprès de lui.
Reste que c’est en priorité aux États parties qu’incombe la responsabilité de mettre en oeuvre la convention sur leur territoire. Différentes mesures sont identifiées pour assurer la sauvegarde du PCI (art. 13). Une insistance particulière est mise sur le développement de l’éducation en faveur du PCI (art. 14) et sur l’identification du PCI à travers la réalisation d’« un ou plusieurs inventaires » (art. 12), avec la « participation des communautés, des groupes et des organisations non gouvernementales pertinentes » (art. 11). Là réside un autre bouleversement majeur : les porteurs des pratiques, détenteurs des traditions, se voient conférer une légitimité considérable pour dire ce qu’est, selon eux, leur patrimoine. Entre les États, les chercheurs et les porteurs de traditions, une nouvelle configuration des relations est établie, qui fait des derniers des acteurs majeurs et non plus de simples objets d’étude.
La définition, l’étude et la protection du PCI dans chaque État partie se font en lien avec la politique internationale mise en oeuvre dans le cadre de l’Unesco autour de trois grands axes : la coopération internationale, la création d’un fonds du patrimoine culturel immatériel et l’établissement de listes (représentative et de sauvegarde).
Le texte de la convention ne définissait pas précisément les relations devant exister entre ces deux listes, nettement inspirées de celles prévues par la convention de 1972. Toutefois, les débats ultérieurs ont clairement fait apparaître toute l’importance que l’Unesco souhaite donner à la liste de sauvegarde, qui seule devrait ouvrir droit pour les biens concernés à un soutien effectif en hommes et en argent. La liste représentative, quant à elle, serait très ouverte, chaque pays pouvant soumettre plusieurs dossiers en vue d’une inscription qui aurait avant tout valeur de label, mais serait purement symbolique.
Issue d’une lente gestation, la convention de l’Unesco sur le patrimoine culturel immatériel, ainsi que les politiques culturelles internationales qui en découlent, ne créent pas seulement une nouvelle catégorie de patrimoine, qui vient s’ajouter à une liste déjà longue (mobilier, immobilier, naturel, marin, etc.) ; encore que ce texte vienne combler, on l’a vu, une lacune très importante et constitue un élargissement nécessaire. Elle constitue, selon nous, un objet profondément nouveau, un outil susceptible non seulement de permettre une mise en oeuvre différente des politiques patrimoniales, mais encore d’influencer notablement les contours et les modes de perception des objets patrimoniaux déjà identifiés.
Si les catégories visées par la convention existaient déjà, sous d’autres noms (« patrimoine ethnologique », « musiques et danses traditionnelles », « métiers d’art » ou « maîtres d’art »), le concept de patrimoine culturel immatériel leur confère une unité nouvelle, permet de les nommer, de les identifier plus efficacement et invite les acteurs de ces différentes pratiques à se réclamer d’un dénominateur commun. Là réside probablement un des acquis majeurs : à travers la formalisation du concept, la création d’un effet de masse qui profite à tout un ensemble d’objets patrimoniaux auparavant dispersés.
Les deux renversements conceptuels opérés par la convention – l’importance accordée à la pratique par rapport aux objets qui en sont les supports et la place centrale accordée aux praticiens dans la définition comme dans l’explicitation du fait patrimonial – reprennent, mais en les officialisant, certains processus également observables dans d’autres domaines. Mais ce qui est ailleurs vécu comme une évolution de la pratique apparaît ici institutionnalisé et constitutif du concept. Gageons que cela ne sera pas sans effet sur la vie et la perception des autres catégories d’objets patrimoniaux.

Dossier complet à télécharger ci-dessous

 

 

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